Pr Serge Renaud et le French Paradox

Viticulteur et exploitant sur Cartelègue (33), j’ai eu le privilège de rencontrer le Pr Serge Renaud et je le soutiens dans sa théorie du « French Paradox ».

Le Pr Serge Renaud

Le Professeur Serge RENAUD a consacré sa carrière à étudier l'incidence des habitudes alimentaires sur la santé, et s’y attache encore. Après un séjour de plus de dix ans à l'Institut de Cardiologie au Canada, il a dirigé jusqu’en 1995 l’unité de recherche de nutrition et de physiopathologie vasculaire (U 63) de l'INSERM à Bron près de Lyon. Il est actuellement directeur de recherche au sein de l’unité d’épidémiologie, santé publique et développement (U 330) à Bordeaux.

Très tôt, le Professeur RENAUD s'est intéressé au rôle que jouent les corps gras dans l'apparition ou la récidive des maladies coronariennes. Une de ses réalisations majeures est la vaste étude d’intervention nutritionnelle réalisée à l'hôpital cardio-vasculaire de Lyon, débutée en 1987, qui démontre l'intérêt indéniable du colza, et donc des oméga 3 pour la santé. Le Professeur RENAUD est le père fondateur du French Paradox, reconnu outre-Atlantique et très controversé encore en France à cause, en partie de l’intérêt bénéfique d’une consommation régulière de vin (1 à 2 verres par jour maximum) sur les problèmes cardio-vasculaires.

Qu’est-ce que le « French Paradox » ?
Pr Serge Renaud et le French Paradox

Le French paradox ou paradoxe français est l'expression qu'emploient les anglophones et les diététiciens pour désigner une apparente contradiction entre la pratique alimentaire des français et leur santé, un terme inventé en 1992 par Serge Renaud, professeur de l'Université de Bordeaux. Avec Michel De Lorgeril et Patricia Salen, ce sont tous les trois des spécialistes français de l'alimentation méditerranéenne et des oméga-3. Il s'agit uniquement du régime alimentaire des habitants du Sud-Ouest, même si les Français ont un pourcentage d'infarctus bien plus faible que les Américains : 145 infarctus par an pour 100 000 habitants d'âge moyen contre 315.

Dans cette partie de la France, en effet, l'alimentation est globalement assez riche en matières grasses (foie gras, confit de canard) et en vins, voire en boissons alcoolisées, alors que la santé globale est assez bonne, que le taux d'infarctus est de seulement 80 pour 100 000 par an, soit 4 fois moins qu'aux États-Unis.

Il est vrai que les Crétois font encore mieux avec seulement 38 cas pour 100 000 habitants - et que l'espérance de vie est 10 ans plus élevée que dans le nord-est de la France (source : Population et sociétés).

Plusieurs hypothèses sont actuellement (2005) en concurrence, et d'ailleurs non exclusives les unes des autres :

La consommation de vin rouge à dose raisonnable (un ou deux verres par jour) préviendrait le développement des maladies cardio-vasculaires. Une hypothèse était que le resvératrol, un des nombreux polyphénols contenus dans certains vins, les vins rouges en particulier est particulièrement protecteur. Cette hypothèse a été prouvée par une équipe de l'INRA en janvier 2010.

De fait, la courbe indiquant le taux de consommation de vin rouge et celui des maladies cardio-vasculaires dans les pays occidentaux a une allure bien linéaire régressive (on dit par boutade qu'il faudrait corriger ces statistiques des personnes qui n'ont pas pu avoir une maladie cardio-vasculaire parce qu'une cirrhose les a tuées avant, mais l'augmentation de longévité ne témoigne pas dans ce sens). Certains craignent par ailleurs que défendre la thèse d'un effet positif du vin encourage une consommation régulière, alors que l'alcool est responsable de nombreuses autres pathologies.

La consommation de poissons, même « gras », serait toujours moins gras que la viande, et les acides gras qu'ils contiennent sont généralement très favorables à la santé, certains sont même indispensables, et la consommation de fruits et légumes frais est également supérieure dans le Sud de la France, ce qui apporte des antioxydants bénéfiques à la préservation de la santé.

Certains mettent en question l'hypothèse lipidique, communément admise, selon laquelle l'excès de consommation de graisses (et le cholestérol) serait le responsable principal des maladies cardio-vasculaires.

Régulièrement les diététiciens changent de « coupable » et ont désigné successivement les protéines, puis les lipides et les glucides. En ce moment, en 2010, la mode n'est pas aux « graisses saturées ». Quel sera le prochain coupable désigné à la vindicte diétético médicale ?

La pollution de l'air est moins élevée dans l'Ouest de la France mieux exposé au vent, et avec une concentration urbaine moins élevée, ce qui diminue l'incidence des maladies respiratoires.

Une autre raison possible est liée à la présence dans les pays du pourtour méditerranéen d'une plante sauvage particulièrement riche en omega-3, le pourpier, qui pourrait contribuer à baisser le risque cardio-vasculaire. « Les poules s'en régalent, comme s'en régalent aussi limaces et autres animalcules, dont les poules en liberté se régalent aussi... »

Il se peut enfin que davantage de retraités choisissent le Sud-Ouest que le nord-est de la France pour profiter de leurs vieux jours, augmentant ainsi encore les statistiques de longévité moyenne dans cette région.


Informations tirées du site Wikipédia.

Franck Fourcade - 11 Moulin de Chasserat - 33390 Cartelègue - Tél./Fax : 05.57.64.63.14

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